Olivier Dejean : je suis quasiment né dans une station de radio !

De la radio locale à la production audiovisuelle, j’ai toujours été dans la même démarche: créer un imaginaire chez l’audience.
  • Mon père, fan de musique, a créé une radio libre au Port (Radio Frégate) et ma mère y était animatrice. C’est littéralement par le son que j’entre dans le métier de l’audiovisuel, à 9 ans déjà, je passais des disques et animais ma propre émission de radio: j’ai été pendant longtemps le plus jeune animateur de La Réunion (FRANCE). Elevé dans cette culture du son et de la musique, mon père m’a appris l’écoute sélective. Ca forme l’oreille, ça forme l’écoute critique et ça forme l’imaginaire…

  • En 1998, je deviens ingénieur du son à Toulouse et j’intègre Radio France. La radio est un média fabuleux car la personne qui écoute est obligée de se créer un monde visuel. En 2003, je fonde Vert M Prod, ma boîte de production et très vite, je collabore avec Thierry Jardinot (humoriste réunionnais) sur une sitcom radio… On ne se refait pas. C’est à ce moment-là que naît mon envie de raconter des histoires. Après un passage par la case publicité, l’image prend peu à peu le pas sur le son ; je travaille sur mes premiers documentaires et sur la captation de spectacles. 

Raconter des histoires

  • J’adore raconter des histoires: c’est comme ça que j’aborde mon métier. Je raconte des histoires de La Réunion aux non initiés. J’aime que cela suscite chez eux une émotion, qu’ils se sentent touchés. Lorsque j’ai produit la série documentaire Kosa i rakont’ sur les contes créoles dans le jardin de ma grand-mère, avec notamment Sully Andoche, elle est venue me voir à la fin du tournage pour me dire qu’elle n’avait pas vécu pareil moment depuis longtemps… C’est mon plus beau souvenir de production. 

Extrait de KOSA I RAKONT

(Conteur Sully Andoche/ Réal. Stéphane Payet, ©Hémisphère Prod 2008)

  • De “L’AGE MUR, un 52 min sur des portraits d’artistes graffeurs à Charles Baudelaire en passant par les croyances créoles, tous mes films ont un lien relativement direct avec à La Réunion. Et mes premiers critiques cinéma sont là pour me le rappeler: des enfants de mon entourage! Tous mes films sont “validés” par eux! S’ils n’en ont rien retirés: je me suis trompé quelque part dans le film!!! (Ce sont les critiques le plus durs dans le métier, croyez moi!). Quinze ans après sa naissance, VERT M PROD est devenue VMP FILMS. Mais ça, c’est une autre histoire. Et celle d’aujourd’hui, je la finirai comme suit: 

 

J’aime ce métier car le matin quand je me lève,

je me dis que je vais faire des films.

Il n’y a rien de plus beau.